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Un long fleuve tranquille

Posted in Canada, Québec, and Voyages

Last updated on 2 juillet 2019

Dans la série Il y a tout juste 10 ans – Archive Québec, 27 juillet 2009.
Les jours de vacances passent comme coule une rivière ombragée entre les champs. Pas de grande vague, pas de cascade, pas même de barrage. Une gentille routine, de petites réalisations, pas de quoi tailler un canyon dans la roche.

Pourtant j’ai en tête un ruisseau qui ressemble au paradis, qui fait vivre toute une vallée et sait me faire franchir des kilomètres juste pour pouvoir passer la main dans son eau claire.

Les jours de vacances sont comme cela, et je sais qu’il y a là une de ces étoffes dont on fait le bonheur, qui saurait illuminer les périodes de tourmente et lui donner une teinte particulière quand cette époque de la vie sera de l’histoire ancienne, lorsque je déménagerai peut-être pour la plus grande maison que je veux acheter, lorsque je serai ici depuis tellement longtemps que j’aurai presque oublié ces premiers jours de découverte incertaine.

Comme un enfant, il faut apprendre la structure de ce qui m’environne, de quelle manière tombe la pluie, comment souffle le vent et à quelle heure surviennent les orages. Quelles plantes poussent dans les champs laissés sauvages sur ma promenade, quelles odeurs se dégagent des fleurs et bien entendu ce qui s’y mange – j’ai toujours eu un faible pour les compléments de repas sauvages pris dans les bois, les plaines ou les montagnes.

Petit à petit j’apprends ou trouver ce dont j’ai besoin. C’est une de ces choses que l’on ne peut savoir avant de l’avoir vécue. Chaque société organise son espace et les modes de satisfaction des besoins selon une manière construite qui lui est propre. Aller vivre dans une ville voisine implique seulement un repérage géographique. Émigrer vers un pays limitrophe est déjà un peu plus exigeant, certains produits sont distribués différemment.

Changer de continent … et de culture … c’est parfois une énigme au quotidien, difficile à imaginer. Plus d’une année et il me reste bien des choses à apprendre. Changer de ville : bien des bases sont déjà à reconstruire. Je me souviens, fraîchement débarquée de l’avion, de mon effarement en réalisant que les pharmacies et les bureaux de poste se trouvent habituellement au fond de certains types d’épiceries.

En un sens, il est plus aisé de fonctionner dans une société disposant encore de petites boutiques et d’échoppes d’artisans : cela fait partie de l’inconscient collectif occidental je suppose, de savoir ce qu’est un boucher, un boulanger et un cordonnier.

C’est pour cela que vivre ailleurs est véritablement une aventure au quotidien, aussi longtemps que l’on sait regarder et apprendre. Peut-être que vivre, tout simplement, est la véritable aventure, pour peu que l’on garde l’esprit ouvert.

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