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Un fourgon plein de lumière

Posted in Aragon, fourgon aménagé, and Voyages

Un mois après le dernier état de non-avancement des travaux imaginaires, ça y est, j’ai enfin avancé. Reculé aussi, par moments. Mais quand même, par petites touches le cha(t)mion prend forme.

D’abord, j’ai trouvé un artisan spécialisé dans l’aménagement de fourgons pour faire ce qui me dépasse totalement, à savoir poser le lanterneau, le panneau solaire, la batterie auxiliaire, et plus tard, le chauffage. J’ai donc demandé trois devis des deux côtés de la frontière, choisi celui qui convenait le mieux, débloqué les fonds, bref, je me sentais pousser des ailes… Pas de chance, l’artisan en question se trouve en France, et la frontière a fermé depuis. Bon, pas complètement fermée, mais plus vraiment ouverte en tout cas.
Alors on repart à zéro, et comme côté espagnol c’est compliqué en ce moment voire impossible de changer de région, j’ai recommencé à chercher, mais en local. En fait, j’avais ce qu’il me fallait juste sous le nez, ou peu s’en faut. Un artisan dont j’avais entendu les louanges, en Sierra de Guara, et en plus sympa. Ouf.

Lanterneau et fenêtre intérieure

Quand je dis qu’il y a des installations qui me dépassent, j’exagère un peu. En vrai, j’aurais certainement pu le faire moi-même, façon maquette en carton, et me retrouver avec une fenêtre qui fuit, un panneau solaire qui s’envole à la première accélération, et un bon coup de jus stimulant à souhait avec la batterie. Je n’ai donc aucun regret, et j’y ai gagné de pouvoir faire un reportage photo (bien davantage dans mes cordes) et apprendre plein de petites choses auxquelles je n’aurais évidemment jamais pensé.

D’abord, le lanterneau. Source de lumière principale de l’espace de vie quand les portes seront fermées, je le voulais grand, avec moustiquaire et store occultant pour la nuit. Pour le moment, j’en suis ravie. Je passe pas mal de temps à l’ouvrir et à le fermer, à tirer la moustiquaire… Bref, c’est Noël quasiment à Pâques!
Dans un registre moins glorieux, j’ai été un peu étonnée pendant quasiment une semaine par la teinte vert bleutée de cette fenêtre. Je m’attendais davantage à du verre transparent. Au bout de plusieurs jours j’ai fini par enlever le plastique de protection. No comment.

Ensuite, l’artisan en question, qui doit être un peu magicien aussi, à qui j’avais confié vouloir percer une fenêtre dans la cloison de séparation d’avec la cabine, a trouvé une solution. Du moindre effort. Ou plus exactement, une autre cloison de séparation, avec l’espace fenêtre déjà ouvert. Et hop que je te démonte la cloison (pourquoi ais-je passé des heures à la repeindre? On se le demande bien). Et poum on sort la cloison et on lui dit adieu. Et zou on va chercher la nouvelle cloison à Rodellar, offerte gracieusement par une inconnue (merci grimpeuse). Et paf on installe la nouvelle cloison dans le cha(t)mion. Et clac on y installe la mini-fenêtre coulissante de mes rêves à l’emplacement prévu. Et voilà, en deux temps trois mouvements, j’ai non plus zéro, non pas un, mais bien deux points de lumière naturels dans ce fourgon qui passe de l’ambiance grotte à l’ambiance cocooning minimaliste !

lanterneau et fenêtre intérieure Ducato

Il ne reste plus qu’à repasser une couche d’anti-rouille, puis une couche de peinture, et la nouvelle cloison fenestrée sera aussi belle que l’ancienne !

Passage des cables et tuyaux

Ce qui est magnifique dans un projet de cette envergure, outre le fait qu’on devient totalement obsédé par une caisse en métal sur roues (comment ça, c’est pathologique plutôt que magnifque?), c’est les personnes de bonne volonté qu’on rencontre en chemin (bon d’accord, qu’on connaissait déjà mais qui manifestent leur volonté d’aider).

Manque de chance, l’époque étant ce qu’elle est (à savoir pleine de limitations nouvelles bizarres et inattendues), la plupart de ces personnes ressources, ressourçantes et bienveillantes sont hors limites territoriales, ou horaires, ou autre.

Pourtant, il s’en trouve une en particulier qui a poussé l’altruisme jusqu’à me faire une liste de courses (ça parait idiot, mais choisir le matériel et les appareils nécessaires, c’est pire que de faire ses commissions dans un hypermarché). Cette bonne âme a ensuite passé cablage électrique et tuyauterie dans les renforts du cha(t)mion, avant de me montrer comment poser l’isolant.

Encore une fois, en vrai, j’aurais certainement été capable de le faire. En oubliant des détails essentiels, sans aucun doute. Tout ça pour dire qu’aménager un fourgon, c’est un bel exercice d’humilité et de gratitude. Mais pas d’inquiétude. La prochaine fois, je saurais me débrouiller. Un peu plus, en tout cas.

Mise en place du circuit électrique

Par une autre belle journée de printemps encore un peu fraiche, me revoici de retour en Sierra de Guara auprès de mon artisan nouvellement préféré, cette fois-ci pour l’installation électrique (et faire déguster ma brioche fraiche, mais je ne paie personne pour ça, au moins, c’est dire si elle est réussie : je me contente de l’imposer à toute personne que je rencontre !).

Cette fois-ci, je dégaine le panneau solaire, la batterie auxiliaire (enfin, façon de parler, parce qu’avant de bouger cette plaisanterie qui pèse bien ses trente-sept kilos… bon, vous aurez saisi l’image), le régulateur de charge, son écran, le coupe-circuit, le coupleur séparateur et tous les bidules qui vont avec. Ou presque, parce que j’ai oublié de minuscules petits trucs pourtant indispensables et donc a dû bidouiller des machins pour faire sans. Je vous ai dit que c’est un magicien, le gars? Bref, le plus fou dans cette histoire, c’est que je sais maintenant à quoi ça sert, tous ces appareils aux noms pas possible. Mieux, je connais désormais ces noms en deux, voire parfois trois langues. Quand je vous dis que c’est passionnant, de schtroumpfer un cha(t)mion…

Donc on perce un trou dans le toit, on colle un panneau solaire (et le fond de mon pantalon même si s’asseoir sur la colle, ce n’est pas recommandé en général), on passe deux trois cables, on fixe le régulateur et – miracle – le cha(t)mion se transforme en récupérateur d’énergie cosmique.

énergie solaire


Que ce soit bien clair, quand je dis « on », évidemment je n’ai rien fait d’autre que tendre un outil ici ou là, m’asseoir sur la colle et prendre des photos. Mais j’aime bien me sentir associée aux évènements, c’est comme ça.

Pour la batterie, c’est plus compliqué, vu qu’il faut d’abord ôter la cloison de séparation, enlever le siège du conducteur, ouvrir le panneau d’accès à la batterie moteur sous le volant… Ensuite les choses sérieuses commencent, des branchements, dans l’ordre et dans tous les sens, un peu de perçage de tôle pour que la batterie auxiliaire soit bien calée, et j’en passe. Heureusement qu’il n’y a que deux couleurs de fils, le rouge et le noir (on hésite entre le grand classique et la petite chanson, exactement). Enfin, en bout du compte et de journée, tout y est, c’est propre, c’est net, et je ne me suis même pas électrocutée (parce que, à bonne distance et en ne faisant rien d’autre que des photos, il faut l’avouer, je ne risquais pas grand chose…). Cerise sur la brioche, le panneau solaire charge désormais la batterie (qui ne se décharge pas encore puisque rien n’est encore branché dessus, mais cela viendra).

Tout ça pour dire que ça avance ! Lentement, mais sûrement. Je suis même entrée dans l’univers merveilleux des tasseaux, mais ça, ce sera pour un autre jour…

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