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La grotte de Pair Non Pair

Posted in archéologie, France, and grottes

Last updated on 14 septembre 2019

La grotte de pair non pair en Gironde cheval gravéUn jour de mai. L’autoroute, les vignes, le fleuve.

Une grotte, un mythe. Elle n’est pas bien grande, mais sur ses parois est gravée la faune d’antan. Un antan bien reculé. 60 000 ans d’habitat humain, au bas mot, 30 000 ans d’art. Quant aux époques où y venaient les hyènes et autres grands carnassiers, cela peut s’étendre davantage encore. Néanderthal l’a fréquentée, puis homo sapiens. Outre une multitude d’outils, on y a retrouvé des os de renne, bison, auroch, mammouths, rhinocéros, ours et autres carnivores, oiseaux et rongeurs.

Tout au fond, la source coule doucement dans un petit bassin. Elle suffit à expliquer la fréquentation du site : l’eau est la vie. Des deux côtés de la salle principale, des chambres plus petites, quelques alcoves à différentes hauteurs. Les dimensions de l’endroit n’intimident pas et le plafond s’ouvre sur un puits de lumière. L’entrée naturelle se faisait par un côté, un peu surélevé par rapport à l’espace principal, au moyen d’un boyau tortueux jusqu’à l’antichambre. Au plafond, un anneau est sculpté dans la pierre, sans doute pour y fixer un rideau de peaux et ainsi protéger la grotte des courants d’air trop froids de l’époque glaciaire.

Lorsque la grotte a été redécouverte, des millénaires de sédiments en avaient recouvert le sol, qui s’était ainsi élevé peu à peu, recouvrant les ossements, restes de charbons et autres traces de vie qui ont permis de reconstituer l’histoire des lieux et de leurs habitants. Une entrée artificielle a été creusée dans la roche, débouchant directement sur la salle principale.

La lumière met en évidence les gravures rupestres. Deux évidences : leur beauté et la dualité presque omniprésente. Les lignes sont si pures, embrassant le relief de la paroi, indiquant le mouvement, la vigilance, l’intention presque de l’animal, qu’il en faudrait peu pour imaginer le voir prendre vie, se secouer et faire résonner son cri dans le silence. Presque toutes les figures sont en binôme, nez à nez pour une reconnaissance ou une confrontation, couple aux silhouettes accordées, écho l’un de l’autre.

Élégance des chevaux, puissance des mammouths, force des aurochs, grâce des bouquetins… Le regard se promène, cherche, devine, suit les lignes, imagine.

Certaines images se superposent, se croisent, s’entrecoupent et se prolongent les unes les autres. On retient sa respiration, le moment est chargé d’émotion et de magie. C’est un jour de chance, pouvoir seulement visiter tant de beauté, se trouver là précisément où un grand artiste a réalisé son oeuvre. Miracle de la nature, que d’avoir su conserver intactes les traces de vies disparues. Grandeur de l’archéologie, que de parvenir à les protéger.

À noter : la photo ci-dessus ne représente pas la grotte de pair non pair.

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