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En Juillet, ça chamionne : un chat en fourgon au coeur des Pyrénées

Posted in Animaux, Espagne, Flore et nature, fourgon aménagé, montagnes, Pyrénées, randonnée, and Voyages

Chercher la fraîcheur

Juillet en Espagne, il fait chaud et c’est peu de le dire ! On a dépassé les quarante, la vie ralentit.
Alors, quand l’opportunité se présente enfin de s’échapper de la fournaise vers la fraîcheur de la montagne, on charge le chat dans le fourgon, on fait quelques provisions et en route vers le Val d’Aran dans les Pyrénées. On ne peut pas dire que le félin apprécie beaucoup le trajet, depuis sa cage de transport, surtout que ce qu’il déteste, c’est les virages, alors ça a miaulé amplement dans la cabine. Tout du long …


Arrivés vers Vielha, sous un ciel bleu digne d’un livre d’images, nous nous sommes installés à flanc de montagne, dans une jolie forêt, en bordure d’une route peu empruntée. Passage à l’arrière, ouverture de la cage, puis de la porte coulissante. D’abord timide, chat a passé beaucoup de temps à explorer les dessous du fourgon (ah les odeurs d’insectes ramassés en chemin!), puis les sous-bois de part et d’autre de la route, reniflant ici l’ouverture d’un terrier, là la mousse d’un rocher. Mais quand quatre ânes sont venus encercler le fourgon, il est remonté sans demander son reste et a passé le reste de la soirée caché sous la couette, dans le lit sûrélevé.

Le Val d’aran sauvage

Le lendemain, pour me laisser partir en randonnée, chat est rentré de lui-même dans la cage de transport et a passé la journée bien au frais dans un studio où il avait déjà séjourné. L’excursion s’est soldée par un demi-tour avant d’atteindre le sommet, pour cause de vents violents et glacés sur les crêtes. Cependant, j’ai pu retrouver avec délices les paysages typiques du Parc des Encantats, minéraux et anguleux. Quelques bunkers datant de la guerre civile, témoignages improbables d’une paranoïa ayant imaginé ce col comme point très illogique de l’invasion de l’Espagne par la France (si si). Une vallée en contrebas, sauvage et presque inaccessible, offrant l’attrait de la difficulté. La mer de nuages recouvrant le Val d’Aran, plus loin.

Pour ne pas perdre nos repères, nous sommes retournés dormir exactement au même endroit, et le félin équilibriste a commencé à prendre l’habitude de voyager à l’arrière, sur le lit bien évidemment. Le côté comique, c’est qu’à force de dormir en roulant, il s’arrime maintenant assez souvent de toutes ses griffes, même à l’arrêt ! Au petit matin, j’ai croisé un écureuil et un daim sans doute, et de nouveau les mêmes ânes curieux. Le chat, lui, n’a rien vu. Il pionçait.

Un balcon sur l’Aneto

Retour sur des terrains connus pour une promenade plus douce, et installation en milieu d’apès-midi sur une aire de pique-nique avec une vue exceptionnelle sur l’Aneto. Quelques promeneurs du village voisin s’arrêtent discuter. On me déconseille l’exploration du sommet voisin, car l’ours s’y promène ces jours-ci. Un aigle passe au-dessus de nos têtes. Une église ancienne domine les ruines de l’ancien emplacement du village, déplacé suite à une avalanche.
Les bois sont essentiellement composés de noisetiers, les prairies sont de fougères et d’herbes hautes parsemées de fleurs. L’air est doux jusque dans la soirée, avec les lumières des villages loin en contrebas, dans la vallée, en guise de guirlandes.

Caprices météorologiques

Au milieu de la nuit le temps tourne, le tonnerre gronde et des trombes d’eau viennent s’abattre sur le toit. Le chat s’en moque, puisque le lit est recouvert de la couette magique qui protège de tout. Au matin, les températures ont chuté et nous ne sortons plus des nuages. Il viennent en bancs apporter des frissons sur notre petit balcon naturel. Le soleil ne se montrera pas, et le froid augmente. Pour finir, nous nous réfugions dans le centre de Vielha, au moins un peu mieux protégé. Le chat sort de temps à autre, se réfugiant d’un bond dans le fourgon à la moindre alerte. Parfois, il observe l’extérieur depuis la petite fenêtre, bien installé … sur le lit, évidemment ! Le reste de l’espace ne l’intéresse pas vraiment, et même sa gamelle a perdu de son intérêt, face aux merveilles du monde.

Pendant deux jours, la pluie se met de la partie et tombe quasiment sans discontinuer. Ça tombe bien, j’ai du travail et du sommeil en retard. Le chat hasarde une sortie entre deux averses, et finalement son poil devient encore plus doux à force d’être mouillé. Je cuisine davantage et apprécie le circuit d’eau enfin fonctionnel, hormis l’eau chaude qui n’est pas encore branchée. Quand le temps le permet je procède à quelques ajustements dans l’aménagement. Je repère ce qui devra être modifié, ce qui manque encore, ce que j’utilise vraiment, comment, et ce qui peut être relégué dans les caissons moins accessibles.

Quand chat suffit, il faut rentrer

Au bout d’une semaine, nous reprenons la route de la maison, tout étonnés quand la fraîcheur laisse place de nouveau à la chaleur de la plaine, bienvenue après toute cette pluie et ce froid. Désormais, le chat voyageur effectue les déplacement depuis l’arrière, confortablement endormi. Quand on s’arrête, il veut bien explorer un peu, mais un chemin de campagne, franchement, après la montagne? Autant retourner se coucher, non ?

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